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17 Dec

A Calais, Banksy s'engage une fois de plus pour les réfugiés

Publié par M Corfmat Professeur d'Arts Plastiques  - Catégories :  #HISTOIRE DES ARTS

A Calais, Banksy s'engage une fois de plus pour les réfugiés

Pour les réfugiés de Calais, les artistes et les intellectuels ont pétitionné, les cinéastes ont rapporté des images. Banksy a opté, lui, pour son mode d’intervention habituel : des graffs sur les murs. Le célèbre street-artiste, que personne n’a jamais vu, a apposé trois œuvres à Calais. L’une d’elles, située à l’entrée de la « jungle », est une réponse à tous ceux qui réduisent les migrants à une charge économique ou à la « misère du monde ». Banksy a figuré Steve Jobs, un baluchon sur l’épaule. Pour quelle raison ? Le père du fondateur d’Apple était un immigré syrien de Homs.

A Calais, Banksy s'engage une fois de plus pour les réfugiés

L’œuvre a été déposée sur un mur, à l’entrée de la jungle de Calais, où vivent les migrants qui cherchent à rejoindre l’Angleterre. Elle représente Steve Jobs, vêtu de son ensemble col roulé noir-jean, avec un baluchon dans une main et un ordinateur dans l’autre. Banksy en a posté une photo sur son site avec la légende suivante : “Le fils d’un migrant de Syrie”.

“Le message est clair: Ceux qui veulent empêcher les réfugiés d’entrer dans leur pays pourraient priver le monde du prochain Steve Jobs, qui était lui-même le fils d’un migrant syrien.”

Le père du fondateur d’Apple avait quitté la Syrie dans les années 1950 pour rejoindre les Etats-Unis.

A Calais, Banksy s'engage une fois de plus pour les réfugiés

Or, Apple est la société qui« dégage le plus de bénéfices et qui paye plus de sept milliards de dollars d’impôts »,a précisé Banksy dans un communiqué. Voilà un argument pour qui ne pense qu’en termes de chiffres, de PIB et de richesses, comme les hommes politiques par exemple. Avec une ironie mordante, Banksy les met face à leurs contradictions : dans leur logique, c’eût été une terrible erreur que ne pas admettre le géniteur de Steve Jobs sur le sol des États-Unis. Et comme il était impossible de le sélectionner parmi ses compagnons d’infortune, il fallait donc les accueillir tous !

A Calais, Banksy s'engage une fois de plus pour les réfugiés

We’re not all in the same boat(Nous ne sommes pas tous dans le même bateau) ou encore Maybe this whole situation will just sort itself out (Peut-être que toute cette situation se résoudra par elle-même).

A Calais, Banksy s'engage une fois de plus pour les réfugiés

Les deux autres fresques sont nettement plus noires. L’une, dans le centre-ville, reprend le motif du Radeau de la Méduse, de Théodore Géricault , avec au loin , non pas le navire l’Argus mais un ferry faisant la liaison avec Douvres, inaccessible aux réfugiés naufragés.

A Calais, Banksy s'engage une fois de plus pour les réfugiésA Calais, Banksy s'engage une fois de plus pour les réfugiés
A Calais, Banksy s'engage une fois de plus pour les réfugiés

L’autre, à l’entrée de la plage, représente un enfant regardant le large avec une longue-vue, sa valise à côté de lui. Mais c’est l’animal posé sur la lunette qui suscite le sentiment d’effroi. Il s’agit d’un charognard. Un vautour, qui attend patiemment sa proie. Contrairement à la photo du petit Eylan, cette œuvre ajoute l’éthique du regard à la puissance d’évocation. L’émotion qu’elle provoque est foudroyante.

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