Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 Mar

Art et guerre , résistance et propagande

Publié par M Corfmat Professeur d'Arts Plastiques  - Catégories :  #HISTOIRE DES ARTS

  • Choisir vos objets d'étude par thème .......
  • Retrouver , en une seule page , l'essentiel des références artistiques pour bâtir votre dossier HDA ....
  • Réaliser des analyses comparatives entre des oeuvres évoquant le même théme ....
  • Plus besoin de chercher :Voici l'essentiel des oeuvres pour réussir votre oral et épater le jury en lui proposant des oeuvres inédites et originales ....
 Art et guerre , résistance et propagande

Thème 1 : Art et guerre , résistance et propagande

Cette thématique permet d’aborder, dans une perspective politique et sociale, le rapport que les œuvres d’art entretiennent avec le pouvoir.
  1. L’art est-il un outil indispensable de la dictature ? Donne-nous des exemples précis d’utilisation de l’art à des fins de propagande d’une dictature politique.

  2. L’utilisation de l’arme de guerre dans l’art du XXe : comment les artistes mettent en scène, détournent, l’arme de guerre afin de dénoncer la barbarie.

  3. En quoi et pourquoi les artistes du XXe siècle mettent en avant un travail de mémoire à travers leurs productions ?

Peinture rupestre, représentation de guerriers à la préhistoire ......Il s'agit d'une des premières peintures de bataille!!!

Peinture rupestre, représentation de guerriers à la préhistoire ......Il s'agit d'une des premières peintures de bataille!!!

La Bataille de San Romano de Paolo Uccello  : Les 3 panneaux du triptyque de la Bataille de San Romano de Paolo Uccello offrent une composition en frise (horizontale) qui présente les 2 camps s'affrontant dans le panneau central. Cette peinture lui fut commandée par Niccolo da Tolentino pour célébrer sa victoire, il s'agit donc clairement d'une peinture visant à glorifier un fait de guerre, la puissance d'un seigneur, mais Uccello a composé une image plus subtile qu'il y paraît avec un enchevêtrement complexe de cavaliers, de lances, de soldats qui donne une image presque équilibrée et juste d'un combat qui fut sanglant et long. Il s'agit également d'une des premières peintures mettant en jeu les principes de la perspective linéaire.La Bataille de San Romano de Paolo Uccello  : Les 3 panneaux du triptyque de la Bataille de San Romano de Paolo Uccello offrent une composition en frise (horizontale) qui présente les 2 camps s'affrontant dans le panneau central. Cette peinture lui fut commandée par Niccolo da Tolentino pour célébrer sa victoire, il s'agit donc clairement d'une peinture visant à glorifier un fait de guerre, la puissance d'un seigneur, mais Uccello a composé une image plus subtile qu'il y paraît avec un enchevêtrement complexe de cavaliers, de lances, de soldats qui donne une image presque équilibrée et juste d'un combat qui fut sanglant et long. Il s'agit également d'une des premières peintures mettant en jeu les principes de la perspective linéaire.La Bataille de San Romano de Paolo Uccello  : Les 3 panneaux du triptyque de la Bataille de San Romano de Paolo Uccello offrent une composition en frise (horizontale) qui présente les 2 camps s'affrontant dans le panneau central. Cette peinture lui fut commandée par Niccolo da Tolentino pour célébrer sa victoire, il s'agit donc clairement d'une peinture visant à glorifier un fait de guerre, la puissance d'un seigneur, mais Uccello a composé une image plus subtile qu'il y paraît avec un enchevêtrement complexe de cavaliers, de lances, de soldats qui donne une image presque équilibrée et juste d'un combat qui fut sanglant et long. Il s'agit également d'une des premières peintures mettant en jeu les principes de la perspective linéaire.

La Bataille de San Romano de Paolo Uccello : Les 3 panneaux du triptyque de la Bataille de San Romano de Paolo Uccello offrent une composition en frise (horizontale) qui présente les 2 camps s'affrontant dans le panneau central. Cette peinture lui fut commandée par Niccolo da Tolentino pour célébrer sa victoire, il s'agit donc clairement d'une peinture visant à glorifier un fait de guerre, la puissance d'un seigneur, mais Uccello a composé une image plus subtile qu'il y paraît avec un enchevêtrement complexe de cavaliers, de lances, de soldats qui donne une image presque équilibrée et juste d'un combat qui fut sanglant et long. Il s'agit également d'une des premières peintures mettant en jeu les principes de la perspective linéaire.

Leonard De Vinci : la Bataille d'Anghiari 1503/1506.

Leonard De Vinci : la Bataille d'Anghiari 1503/1506.

Jacques-Louis David Paris, 1748 - Bruxelles, 1825 Bonaparte franchissant les Alpes au Grand Saint-Bernard mai 1800 Huile sur toile 1801 260 cm x 221 cm

Jacques-Louis David Paris, 1748 - Bruxelles, 1825 Bonaparte franchissant les Alpes au Grand Saint-Bernard mai 1800 Huile sur toile 1801 260 cm x 221 cm

La mise en scène est théâtrale, à la gloire de la grandeur de Bonaparte. De son index tendu, il montre la route à suivre, le sommet, la victoire ! Rien ne saurait résister au « petit » corse monté sur son cheval fougueux même si on sait qu’en réalité, sa monture était un mulet, moins romantique mais beaucoup plus sûr en haute montagne… L’impression de majesté du Premier Consul est renforcée par la présence au premier plan de trois rochers sur lesquels est gravé le nom de Bonaparte à côté de ceux d’Hannibal et de Carolus Magnus. Le rapprochement de son nom avec celui de ces deux illustres personnages historique accentue la grandeur de Napoléon. On ne peut plus douter que sa gloire sera aussi grande que celle du carthaginois et de l’Empereur Charlemagne, qui ont contrôlé une grande partie de l’Italie en passant les Alpes.

Bonaparte franchissant les Alpes peinte entre 1848–1850, par le peintre français Paul Delaroche

Bonaparte franchissant les Alpes peinte entre 1848–1850, par le peintre français Paul Delaroche

Bonaparte franchissant les Alpes

est une représentation de Napoléon Bonaparte peinte entre 1848-1850, par le peintre français Paul Delaroche.
La peinture montre Bonaparte à la tête de son armée traversant les Alpes sur une mule, au printemps 1800, dans le but de surprendre l'armée autrichienne en Italie. La peinture est inspirée de l'œuvre de Jacques-Louis David Bonaparte au Grand-Saint-Bernard (1801-1803).
David montrant aussi Napoléon traversant le Grand Saint-bernard, mais présentant des différences significatives entre les deux conceptions du même sujet. Là ou le Bonaparte de David est idéalisé à la manière d'un héros antique, celui de Delaroche est représenté de manière réaliste et sans complaisance dans un style romantique qui était en vogue à l'époque.

Jacques-Louis David                  Le serment de l'armée à l'Empereur, huile sur toile.

Jacques-Louis David Le serment de l'armée à l'Empereur, huile sur toile.

Jacques-Louis David Fut chargé de mettre en image la gloire et les succès de Napoléon Bonaparte, Souvent au mépris de la vérité historique et avec des compositions grandioses, théâtrales, idéalisées, directement inspirées par l'art Antique. Un peintre au service de la propagande d'un empereur mégalomaniaque et belliqueux.

Nom de l’artiste : Francisco de Goya   Titre de l’oeuvre : Tres de mayo   Date : 1814   Technique : Peinture sur toile   Dimension : 345x266cm   Lieu de conservation : Musée du Prado, Madrid

Nom de l’artiste : Francisco de Goya Titre de l’oeuvre : Tres de mayo Date : 1814 Technique : Peinture sur toile Dimension : 345x266cm Lieu de conservation : Musée du Prado, Madrid

En contrepoint des toiles de David, celle-ci de l'espagnol Francisco de Goya propose la version de l'autre camp: celui des espagnols oppressés et soumis par l'armée napoléonienne.

Cette peinture raconte le massacre perpétré par l'envahisseur français sur les villageois espagnols le 3 mai 1814. Le personnage en chemise blanche offre sa poitrine aux balles du peloton d'exécution, dans un geste de courage, de défiance et d'insoumission.

C’est une peinture de résistance, de dénonciation des horreurs d'une guerre.

Le style de Goya est beaucoup plus réaliste et "brut" que celui, clinquant, arrangé, et mis en scène de David.

Les 2 et 3 mai, à Madrid, a lieu une révolte visant à empêcher le départ pour la France de l’Infant Francisco de Paula, dernier membre de la famille royale encore à Madrid. Dans la nuit du 2 au 3 mai 1808 les soldats de l’armée napoléonienne - en représailles à la révolte du 2 mai - exécutent les prisonniers espagnols.

Pour les Espagnols, le 2 mai est devenu le symbole du courage et de la liberté. Goya rend hommage aux victimes de cette révolte contre l’occupant français en Espagne, à l’occasion d’une commande officielle du gouvernement espagnol.

Le sujet de la toile, sa présentation en font l’une des représentations les plus connues de la dénonciation des horreurs liées à la guerre.

La scène décrite dans Tres de Mayo se tient dans les premières heures du matin qui suit le soulèvement et est centrée sur deux masses d’hommes : un groupe désorganisé de captifs tenus pratiquement à bout portant par les fusils d’un peloton d’exécution posant de façon rigide. Bourreaux et victimes se font face.

Immédiatement à la droite de ce groupe et au centre de la toile se trouve les figures d’autres condamnés se tenant en ligne dans l’attente d’une exécution future.

La figure centrale de la toile est l’homme à genoux entre les corps de ceux déjà exécutes, les bras ouverts est brillamment éclairé. Il a les bras ouverts, comme un crucifié, un martyr. Pour accentuer la position christique de l’homme, Goya a placé sur sa main droite un stigmate, signe chrétien de la crucifixion. []Ses habits jaunes et blancs répètent les couleurs de la lanterne.

Lumière : Une lanterne carrée située entre les deux groupes projette une lumière dramatique sur la scène. La zone la mieux éclairée est celle des victimes sur la gauche. Jouant du contraste des couleurs — l’éclat de la chemise

blanche de l’un des fusillés s’oppose à l’ombre et à l’anonymat dans lesquels sont maintenus les soldats —, il a volontairement accentué le caractère dramatique de la scène. Sur la droite se tient le peloton d’exécution, pris dans les ombres et dépeint comme une unité. On peut apercevoir dans l’obscurité, à l’arrière plan, un village et un clocher qui se découpent au loin.

Expression : Désirant se faire le témoin de ces massacres, l’artiste choisit de montrer sur chaque visage la réaction de chacun face à la mort. On peut lire la terreur sur le visage de l’homme en blanc. Ses yeux ne quittent pas

les fusils des soldats, tueurs anonymes dont on ne distingue pas le visage. Pratiquement vus de dos leurs visages ne peuvent être vus, leurs baïonnettes et leurs couvre-chefs militaires forment une colonne.

Influences : Tres de Mayo a été la source d’inspiration de nombreuses autres toiles dont celle de Manet, l’execution de Maximilien, 1867 ainsi que les toiles de Picasso, Le Massacre en Corée, 1951.

Nom de l’artiste : Ingres  Titre de l’oeuvre : Napoléon sur son trône impérial  Date : 1806  Technique : huile sur toile  Taille : 260x163cm

Nom de l’artiste : Ingres Titre de l’oeuvre : Napoléon sur son trône impérial Date : 1806 Technique : huile sur toile Taille : 260x163cm

Quand il peint ce tableau, Ingres a 26 ans et c’est sa deuxième commande

officielle. Ingres est encore un jeune artiste, membre de l’atelier du peintre

David.

L’oeuvre montre l’empereur assis sur un trône somptueux et surélevé tandis

qu’un tapis orné des signes du zodiaque et d’un imposant aigle impérial occupe le premier plan. Napoléon porte un ample manteau pourpre doublé

d’hermine. Il tient entre ses mains les sceptre, les regalia : la Main de justice,

ainsi que l’épée dite de Charlemagne. Sa tête est ceinte d’une couronne

de lauriers dorés.

La composition géométrique s’inscrit dans un triangle tandis que les lignes du sceptre et de la main de justice constituent un triangle inversé. La domination des lignes droites est adoucie par la présence des courbes : celle

du dossier du trône, celle du collier de la légion d’honneur sur la poitrine de l’Empereur qui ensemble forment une auréole autour de la tête de Napoléon.

Le manque de réalisme dans le rendu des traits physiques du modèle contraste avec l’abondance des détails et des accessoires qui tels les regalia ou le tapis sont traités méticuleusement. L’attitude statique ainsi que l’inexpressivité du visage contribuent à désincarner la figure. En cela, Ingres donne à Napoléon un caractère sacré et fait de lui une sorte de divinité. Le visage proche du marbre et peu ressemblant fait disparaître l’homme derrière la représentation impériale que Napoléon met en place avec le sacre en 1804 c’est-à-dire un pouvoir absolu. Ingres montre ainsi l’empereur dans toute sa gloire.

Symboles : Soucieux de plaire à Napoléon, il s’applique à représenter tous les symboles du pouvoir de l’Empereur :

La balance sur le tapis ou la main de justice représentent le pouvoir judiciaire.

L’épée représente le pouvoir militaire. L’épée est le monopole des chevaliers et donc un symbole de la noblesse.

Le sceptre représente le pouvoir politique. En effet, le sceptre est l’héritier du bâton de berger. l’Empereur est le guide et le protecteur de son peuple. Il s’agit ici du sceptre de Charles V, surmonté d’une statuette de Charlemagne assis sur le trône et tenant le globe et le sceptre. En or, il est orné de pierres précieuses et de perles.

Napoléon est au centre de plusieurs cercles formés par sa couronne de laurier, sa fraise, le collier de sa légion d’honneur, son col en hermine et le dossier du trône. Ces cercles rappellent des auréoles de saint = pouvoir religieux.

Le globe d’ivoire ou la couronne représentent le pouvoir absolu. Le globe symbolise la terre, mais aussi l’infini et donc le pouvoir absolu. Le globe comme la couronne de laurier fait référence aux empereurs romains de l’Antiquité.

Le costume du sacre : couleur pourpre + hermine. La fourrure blanche tachetée de noir de l’hermine est un symbole de noblesse, de pouvoir et de richesse. La couleur pourpre (rouge) était particulièrement rare, du fait de

la rareté du colorant permettant de la produire. Par suite, les vêtements colorés de pourpre sont un symbole de richesse et de pouvoir depuis l’Antiquité. On retrouve l’hermine et la couleur pourpre sur le portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud. Le manteau pourpre est l’attribut des monarques de l’Ancien Régime mais les fleurs de lys ont été remplacées par des abeilles symbole impérial.

L’aigle impérial présent sur le tapis et sur les accoudoirs du trône est un symbole de pouvoir. L’aigle est le Roi des oiseaux. En effet, ce grand rapace vole très haut dans le ciel, surplombant toutes les autres espèces animales.

Il est proche de dieu : en Grèce ou dans l’empire romain, il est un symbole de Zeus-Jupiter. L’aigle impérial a les ailes ouvertes, comme s’il était emporté vers le monde sacré.

Le trône se trouve sur une marche, surélevé = Napoléon est au-dessus de ses sujets, il est un intermédiaire entre les Hommes et Dieu.

- Références artistiques : Ingres a mélangé les références. Raphaël, les représentations antiques et médiévales.

Une oeuvre incomprise Ce portrait provoqua dès le Salon de 1806 l’incompréhension voire l’indignation du public.

L’oeuvre très critiquée ne fut finalement pas offerte à l’Empereur.

Triptyque de la Guerre, 1932, Otto Dix, huile et tempera sur bois, panneau central : 204 x 204 cm, panneaux latéraux : 60 x 204 cm, Staatliche Kunstsammlungen Dresden

Triptyque de la Guerre, 1932, Otto Dix, huile et tempera sur bois, panneau central : 204 x 204 cm, panneaux latéraux : 60 x 204 cm, Staatliche Kunstsammlungen Dresden

Les artistes face aux guerres du XXe : La première guerre mondiale

Beaucoup d'artistes de ce début de siècle furent enrôlés dans les armées au coeur de la

Première Guerre Mondiale (1914-1918). C'est le cas d'Otto Dix, qui témoignera, après la

fin des conflits, de l'horreur des tranchées, des batailles en montrant sans tabou les corps blessés, les terres dévastées, les silhouettes menaçantes des troupes ennemies dans des gravures à l'eau forte et des peintures pleines de

violence, de brutalité et de désespoir

 Art et guerre , résistance et propagande Art et guerre , résistance et propagande Art et guerre , résistance et propagande
 Art et guerre , résistance et propagande Art et guerre , résistance et propagande Art et guerre , résistance et propagande
Adrien BARRIÈRE (1877-1931) Comment voter contre le bolchevisme ? 1919

Adrien BARRIÈRE (1877-1931) Comment voter contre le bolchevisme ? 1919

De l'antibolchevisme à l'anticommunisme

L’image d’un bolchevik couteau entre les dents est particulièrement interessante, incarnant à elle seule l’antibolchevisme et l’anticommunisme français de l’entre-deux-guerres.

Cette affiche reprend la couverture d’une brochure éditée à la veille des élections de 1919, « en vente dans toutes les librairies » pour la modique somme de 50 centimes de l’époque. Son auteur, Adrien Barrière (1877-1931), était jusqu’alors connu par ses affiches pour le théâtre d’épouvante. L’unique coloration employée, le rouge, et l’inscription en gros caractères du terme « bolchevisme », conjuguent la couleur traditionnelle de la révolution à une notion politique nouvelle. Cette dernière fait ainsi son entrée dans le vocabulaire politique commun.

L’aspect tremblé de l’écriture et le cadrage insolite renforcent l’aspect sauvage de la figure de ce bolchevik hirsute, mal rasé, aux traits animaux, aux yeux exorbités pour suggérer la folie. Le couteau, ustensile que les affichistes français réutiliseront souvent par la suite, n’est pas une référence complètement inédite. Elle s’inspire directement, selon L. Gervereau et P. Buton, de cartes postales éditées en France pour illustrer la sauvagerie des tirailleurs sénégalais pendant le premier conflit mondial. Le concepteur de l’image s’appuie également sur la réputation des soldats russes qui combattaient sur le front ouest, particulièrement sanguinaires. Enfin, les dents apparentes de cet être inhumain et résolument non français, le sang qui goutte de la pointe du couteau, veulent certainement réveiller des souvenirs traumatisants chez les nettoyeurs de tranchées

Raoul CABROL 1895-1956 Contre ça ! Votez communiste ! 1936

Raoul CABROL 1895-1956 Contre ça ! Votez communiste ! 1936

L'homme aux couteaux entre les dents, revisité

Plus qu’à son « ancêtre » de 1919, ce « couteau entre les dents » est conçu comme une référence explicite à l’affiche réalisée par H. Petit en 1934, qui représente un Staline impressionnant de bestialité, passablement effrayant. En effet, Cabrol recourt ici au même cadrage pour Hitler, qu’il résume dans un « ça » profondément méprisant et auquel il oppose radicalement le terme « communiste ». Enfin, le manche même du couteau est ici aussi orné de symboles distincts : la tête de mort des Croix-de-feu à gauche, le casque ailé et l’épée des Jeunes Patriotes au centre, la fleur de lis de l’Action française à droite. Cabrol ajoute à la symbolique initiale des thèmes proprement communistes. D’une part, il attire le regard non sur le sang de la lame du couteau, teintée de rouge de manière diffuse, mais sur son fabricant.

Ce faisant, l’affichiste dénonce la collusion du grand patronat allemand (Krupp), voire d'une partie du patronat français (De Wendel) avec les nationaux-socialistes. D’autre part, la moustache de Hitler, loin de rappeler des flammèches comme dans le cas de la chevelure de Staline, dessine clairement une aigle impériale allemande. De fait, Cabrol se distingue par le caractère parodique de son dessin : les pupilles rappellent des svastikas, les oreilles et le nez du dictateur nazi sont rouges, ses traits complètement déformés, sa fameuse frange tout à fait exagérée

Salvador Dali : Construction molle avec haricots bouillis (ou Prémonition de la guerre civile), 1936. Huile sur toile, 100x99 cm, musée de Philadelphie.

Salvador Dali : Construction molle avec haricots bouillis (ou Prémonition de la guerre civile), 1936. Huile sur toile, 100x99 cm, musée de Philadelphie.

  1. CONTEXTE: En 1936, l’Espagne est à feu et à sang, et traverse une période d’agitation sociale : les paysans occupent les terres, les mineurs font grèves, il y a une montée de l’anticléricalisme...et le 18 juillet 1936, la Guerre Civile Espagnole éclate. Elle se terminera trente-trois mois plus tard, le 29 mars 1939, avec la chute de Madrid, 986 jours d’enfer, pendant lesquels plus d’un million de personnes trouveront la mort. Le 16 février 1936, le Front Populaire gagne les élections. L’Espagne est alors une République depuis 1931, après avoir connu une période de nombreux pronunciamientos. La droite ne le supporte pas, l’assassinat de Calvo Sotelo, chef de file de la droite, sert de prétexte aux forces de droite, militaires et phalangistes, qui, depuis l’arrivée au pouvoir du Front Populaire, préparaient un coup d’état. Le 16 juillet le Maroc espagnol (où se trouve le général Franco) est en insurrection, le 18 la rébellion gagne l’Espagne. D’un côté les rebelles, que l’on appelle les nationalistes, ils haïssent les régionalistes, basques et catalans, et qui deviendront rapidement les franquistes, du nom de Franco. De l’autre les républicains, regroupant toutes les forces de gauche

  2. DESCRIPTION ET ANALYSE : Dalí a peint ce tableau 6 mois avant la guerre civile de juillet 1936, pressentant dans ce climat ce qui allait poindre.

Courant pictural

Dalí est le seul surréaliste, du moins le premier ayant obstinément poursuivi les découvertes de Freud et de la psychanalyse et revendiqué pour lui le droit à sa propre folie. Il a développé la méthode de la « paranoïa critique ». Dès 1920, André Breton, le célèbre inspirateur du mouvement surréaliste, avait proposé une alliance avec la folie, le rêve, l’incohérence et l’exagération, en un mot avec tout ce qui est contraire à l’apparence générale de la réalité. Quelques années plus tard, Dalí déclarait son adhésion en tant que peintre et critique à ce mouvement qu’il a appelé « irrationalité concrète ».

Composition

  1. Tableau dont l’ancêtre direct est sans doute une toile de Francisco GOYA, le Colosse, peint vers 1812, qui montre un immense paysage peuplé de gens et d’animaux en fuite dans toutes les directions, épouvantés par l’apparition d’un géant qui brandit les poings vers le ciel. Dalí avait très certainement fait la connaissance de Goya, car il est exposé au musée du Prado à Madrid, durant ses années d’étudiants. Un tableau avec beaucoup de droites (verticales, horizontales) et une lecture de l’œuvre en triangle. Au sommet une tête, presque morte, bouche ouverte dans un rictus jouissif rappelant le « pervers polymorphe » Dalí qui disait éprouver du plaisir à torturer les autres (ses camarades de classes, sa petite sœur ou bien encore les animaux). A la base les haricots bouillis et le boudin d’excréments. Le meuble à tiroir évoquant nos rêves enfouis et toute la psychanalyse freudienne nécessaire à en extraire le sens. L’homme à gauche semble rappeler le personnage du tableau « Le pharmacien d’Ampurdan ne cherchant absolument rien », 1936. Dalí situerait donc sa prémonition en Catalogne, d’où il est originaire. Occupant la majeure partie du tableau un être mi homme, mi femme, mi monstre mi vivant qui s’entre tue laissant voir au centre sous un ciel nuageux la carte de l’Espagne. Dans La Vie secrète de Salvador Dalí, le peintre a écrit au sujet de son œuvre : « Je peignis un tableau (…) où je représentais un grand grouillant de bras et de jambes s’étranglant mutuellement dans le délire. La structure molle de cette énorme masse de chair dans la guerre civile, je l’ai garnie de haricots bouillis, parce qu’on ne peut s’imaginer avalant toute cette viande insensible sans l’accompagnement même banal de quelque légume mélancolique et farineux. » Dalí a aussi agrémenté le repas avec le résultat de la consommation d’une grande quantité de haricots secs, c’est à dire un énorme boudin d’excréments posé sur le sein en bas à droite. Boudin fait de sang, rappelant par là même le sang des espagnols s’entre-tuant. Au sujet des signes coprophages présents dans sa peinture, Dalí répond qu’il ne censure pas les visions de son subconscient et que le cristal comme les excréments ont leur place dans la représentation de ses rêves

  2. .MESSAGE

Dalí de par son exubérance et ses choix picturaux et politiques a été beaucoup critiqué (en 1964 il reçoit de Franco la croix d’Isabelle la catholique en récompense, lui qui se disait apolitique !). Mais dans son œuvre il veut montrer une Espagne qui s’entretue elle même et dénonce la perversité de l’homme et des guerres.

Jeff WALL, Dead Troops Talk , details.

Jeff WALL, Dead Troops Talk , details.

Dead Troops Talk

Composée de plusieurs petits groupes de soldats morts, qui semblent glisser vers le bas comme pour envahir l’espace du spectateur, cette image met en lumière une maîtrise parfaite des moyens techniques utilisés :

tant l’assemblage par ordinateur des différentes parties de la scène, qui furent réalisées séparément, que les effets spéciaux employés pour rendre avec un grand réalisme les blessures des soldats et la mise au point exemplaire des effets de textures et de tonalités

Jeff WALL, Dead Troops Talk (A vision after an ambush of a Red Army patrol, near Moqor, Afghanistan, winter 1986), 1992, 229 X 417Jeff WALL, Dead Troops Talk (A vision after an ambush of a Red Army patrol, near Moqor, Afghanistan, winter 1986), 1992, 229 X 417
Jeff WALL, Dead Troops Talk (A vision after an ambush of a Red Army patrol, near Moqor, Afghanistan, winter 1986), 1992, 229 X 417Jeff WALL, Dead Troops Talk (A vision after an ambush of a Red Army patrol, near Moqor, Afghanistan, winter 1986), 1992, 229 X 417

Jeff WALL, Dead Troops Talk (A vision after an ambush of a Red Army patrol, near Moqor, Afghanistan, winter 1986), 1992, 229 X 417

hDead Troops Talk

Relève d’un spectaculaire dispositif de type cinématographique, se présente comme une fantaisie grotesque ayant pour sujet les horreurs de la guerre.

Jeff Wall y propose une vision sordide de la guerre, de celle qu’on qualifie de sale et qui retient peu l’attention du public comme le fut en l’occurrence la guerre en Afghanistan).

Rappelant les peintures d’histoire par son sujet et sa composition, l’image évoque en même temps par le traitement d’ensemble, par l’atmosphère et le cadrage, certaines photographies de guerre.

Maurizio Cattelan Him 2001, cire ,présenté à Stockholm
Maurizio Cattelan Him 2001, cire ,présenté à Stockholm

Maurizio Cattelan Him 2001, cire ,présenté à Stockholm

Maurizio Cattelan

Se considère comme héritier de la culture de masse des années 80. Parmi ses artistes favoris figurent Jef Koons et Damien Hirst, dont on reconnaîtraaux oeuvres une capacité particulière à créer l’impact iconique, ainsi qu’à jouer de la fascination pour exprimer le culte de l’objet.

Pour cet artiste milanais vivant à New York, l’art est comme une aire de jeu. Son travail est une entreprise de perversion ludique de nos systèmes.

Son arme : un humour à la fois aigu et désespéré. Ses oeuvres, des performances ou des installations, sont pareilles à un virus informatique qui s’insinue dans nos têtes et sème le doute.

"Hitler incarne l'image de la peur. En le mettant en scène, je ne
fais que m'emparer d'une icône de notre siècle
Ma mère disait toujours qu'il est impossible de bien nettoyer un
carreau si on ne voit pas où se trouve la saleté"... (M. Cattelan)
PABLO PICASSO GUERNICA , 1937 . Huile sur toile 7 mètres 82 X 3 mètres 51 musée du Prado

PABLO PICASSO GUERNICA , 1937 . Huile sur toile 7 mètres 82 X 3 mètres 51 musée du Prado

À la suite du bombardement, le 26 avril 1937, de Guernica pendant la guerre civile espagnole,, Picasso se lance dans la création d'une de ses oeuvres les plus célèbres : Guernica et il dit:

« Cette peinture n’est pas faite pour décorer les appartements. C’est un instrument de guerre, offensif et défensif contre l’ennemi ».

Elle symbolise toute l'horreur de la guerre et la colère ressentie par Picasso à la mort de nombreuses victimes innocentes, causée par le bombardement des avions nazis à la demande du général Franco. Chez lui à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, Picasso aurait rencontré dans son atelier des officiers allemands très intéressés par son travail. Les officiers apercevant la célèbre peinture Guernica lui auraient demandé :

« C'est vous qui avez fait cela ? », Picasso aurait répondu : « Non… vous ».

Très opposé à la guerre, il peint la célèbre Colombe de la paix (1949) à l'occasion de son adhésion au Conseil Mondial de la Paix. Il reçoit à ce titre un prix international de la paix en 1955

Pablo Picasso, Massacre en Corée,  Vallauris, 18 janvier 1951     El Tres de Mayo  est une huile sur toile,  réalisée par Francisco Goya en 1814  L'Exécution de Maximilien   Édouard Manet   1867
Pablo Picasso, Massacre en Corée,  Vallauris, 18 janvier 1951     El Tres de Mayo  est une huile sur toile,  réalisée par Francisco Goya en 1814  L'Exécution de Maximilien   Édouard Manet   1867
Pablo Picasso, Massacre en Corée,  Vallauris, 18 janvier 1951     El Tres de Mayo  est une huile sur toile,  réalisée par Francisco Goya en 1814  L'Exécution de Maximilien   Édouard Manet   1867

Pablo Picasso, Massacre en Corée, Vallauris, 18 janvier 1951 El Tres de Mayo est une huile sur toile, réalisée par Francisco Goya en 1814 L'Exécution de Maximilien   Édouard Manet 1867

 Art et guerre , résistance et propagande

Massacre en Corée
la Guerre Froide vue par
Pablo Ruiz Picasso
1951
Musée Picasso . Paris

L’œuvre dénonce l’intervention américaine en Corée en montrant crûment le face à face entre une population civile (des femmes et des enfants nus) et des militaires armés. Face à face qu’il n’avait pas représenté dans Guernica, préférant alors une vision plus symbolique (cri, souffrance, ténèbres),

Cette oeuvre s'inspire de l'oeuvre de Goya : El tres de Mayo ainsi que de

L'Exécution de Maximilien

Édouard Manet 1867

Commenter cet article

ma vie bio 12/05/2014 16:44

Trés bon billet, comme d'habitude

powered phones 23/01/2014 12:23

I am so excited to find these pictures of ancient wars. They can bring plenty of vital information regarding the wars and the heroes. I wonder why some contents are kept private! Anyway, it was a nice experience to go through your post!

earn money 23/01/2014 11:55

nice post!

À propos

Blog Arts Plastiques du collège Françoise Dolto de Pont à Marcq