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26 Mar

L'Art et la Ville : BABEL

Publié par M Corfmat Professeur d'Arts Plastiques  - Catégories :  #HISTOIRE DES ARTS

L'Art et la Ville  :  BABEL

Le développement urbain, accéléré au cours de l’époque contemporaine et symbole de
modernité, offre une image évidente du modèle labyrinthique.

Fra Carnevale ou Luciano Laurana La città ideale, 1490-1505.

La ville tentaculaire et chaotique se développe selon un principe de concentration et de prolifération qui tend
vers plus de complexité.

Elle crée un nouveau type de topographie, organisé par une
suite de chemins, d’embranchements, de carrefours, de situations nouvelles à chaque
pas. La ville suscite ainsi de nouvelles approches, de nouvelles pratiques subjectives :
cartographies mentales, dérives urbaines, pratiques solitaires…

Désormais, l'art et la ville entretiennent des rapports très étroits: la ville abrite l'art, le donne à voir et en nourrit ses habitants; l'art modèle la ville, lui apporte du sens ou de l'agrément, mais aussi, peut en révéler des visions particulières au travers du regard de ses artistes...

La ville

Architecture / Urbanisme / Développement

La cité: Espace, tissu et paysage urbain, lieu de vie, passage et mémoire.

La place du citoyen.

L’Art et la rue.

La cité idéale / les utopies .......

L'Art et la Ville  :  BABEL

La Cité idéale est une aspiration à la perfection architecturale, sociale, morale et politique.

La réalisation d'une « cité idéale » est un des grands rêves des sociétés urbaines ou en voie d'urbanisation. Le terme pourrait sembler synonyme d'utopie si certaines de ces cités n'avaient été construites dans les faits. Il s'agit cependant de réalisations « idéales » au sens où, contrairement à la cité spontanée, qui se développe peu à peu selon les besoins en fonction de décisions multiples, et donc de façon organique et parfois anarchique, la cité idéale se conçoit avant de se construire, et sa fondation résulte d'une volonté unifiée.

L'Art et la Ville  :  BABEL

Dans le langage courant actuel, " utopique " veut dire impossible

Enki Bilal : La Ville qui n'existait pas

une utopie est une chimère, une construction purement imaginaire dont la réalisation est, à priori, hors de notre portée. Or, paradoxalement, les auteurs qui ont créé le mot, puis illustré le genre littéraire inventé par Thomas More en 1516, avaient plutôt pour ambition d'élargir le champ du possible, et d'abord de l'explorer. Certes, l'utopie se caractérise par un recours à la fiction, par un artifice littéraire qui consiste à décrire une société idéale dans une géographie imaginaire.

L'Art et la Ville  :  BABEL
Le concept de contre-utopie apparaît d’abord au début du XVIIIème siècle.

Contrairement à ce que l'on croit les contres Utopies ne sont pas le contraire des utopies, mais la face caché des Utopies. Elles en récupèrent fidèlement le schéma général, les thèmes et les lieux communs, pour démontrer que chacun des bienfaits de l’utopie finit par se retourner contre son bénéficiaire, par menacer ce qui constitue proprement son humanité. Et elles le prouvent toujours de la même manière, en poussant la logique jusqu’à son terme, en imaginant l’utopie enfin achevée, close, parfaite, et en soulignant quelles seraient les conséquences, grotesques ou terribles, de cette “ perfection ”. Par le biais de la caricature, elles démasquent le double jeu de l’utopie, les cauchemars dissimulés sous les merveilles promises

L'Art et la Ville  :  BABEL
2. BABEL

L’engouement actuel pour la Tour de Babel répond à celui du XVIe siècle flamand. Multipliant les références à l’histoire de l’art, les artistes offrent des visions renouvelées des peintures de Bruegel, Cleve, Valckenborch, Verhaecht, et Momper.

Tobias Verhaech Peintre flamand (Anvers 1561 / 1631). La tour de Babel

Dans la peinture et la photographie de grand format, dans le cinéma d’anticipation et la BD, les Babel contemporaines et futuristes sont représentées comme des architectures organiques, à travers lesquelles, comme en miroir, nous reconnaissons notre vanité, l’orgueil de nos actes et la part d’insensé de l’ambition humaine

. Dans cette perspective morale et philosophique,l’expression contemporaine formule avec l’image de Babel une critique de la volonté de puissance.

A l’exemple des tours de la Renaissance flamande, dont le dessin fourmille de détails qui fusionnent l’architecture de la Rome antique à celle des grands chantiers des cathédrales, l’immense richesse formelle et graphique des visions contemporaine de Babel condense les références anciennes, modernes et actuelles qui produisent un effet de vertige dans le temps et dans l’espace.

Pieter Bruegel l’Ancien  : La Tour de Babel 155 x 114 cm 1563

Pieter Bruegel l’Ancien : La Tour de Babel 155 x 114 cm 1563

L'Art et la Ville  :  BABEL
Le chantier de la Tour, la sanction divine, la confusion des langues et la dispersion des peuples sont revus sous l’angle de l’histoire contemporaine.

Dans notre présent incertain et précaire le mythe babélien questionne sur les puissances que symbolisent des tours de plus en plus vertigineuses, sur le rôle de ces bâtisseurs, constructeurs de génie ou simples exécutants des pouvoirs économiques et politiques ?

Babel pose la question de la diversité des langues et des peuples : châtiment divin ou signe de richesse dans un quotidien ultramondialisé ?

Pays-Bas - Deuxième moitié du XVIème siècle

Au-delà de ces thèmes, la tour de Babel reste une parabole de la vanité humaine

« Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. Comme ils étaient partis de l'orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent. Ils se dirent l'un à l'autre: "Allons ! Faisons des briques, et cuisonslesau feu". Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment. Ils dirent encore: Allons!

Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre

. L'Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes.Et l'Éternel dit :" Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c'est là ce qu'ils ont entrepris;

maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils auraient projeté.

Allons! Descendons, et là confondons leur langage, afin qu'ils n'entendent plus la langue, les uns des autres".

Et l'Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre; et ils cessèrent de bâtir la ville.

C'est pourquoi on l'appela du nom de Babel, car c'est là que l'Éternel confondit le langage de toute la terre, et c'est de là que l'Éternel les dispersa sur la face de toute la terre». Genèse XII/1-9

L'Art et la Ville  :  BABEL
POURQUOI BABEL EST-ELLE LA METAPHORE DE LA DIVERSITE DES LANGUES ET DES PEUPLES ?

Au-delà de la parabole de l’orgueil humain, Babel est devenue synonyme de la diversité des langues et del’incompréhension entre les hommes. Au fil du temps, elle signifiera un lieu rempli de confusion, terme élargi aujourd’hui à une absence de communication ou une entreprise vaine.

L'Art et la Ville  :  BABEL
COMMENT LES ARTISTES CONTEMPORAINS ONT-ILS REVISITE LE MYTHE ?

METROPOLIS

FRITZ LANG

Allemagne, 1927, noir et blanc , muet, 119 min.

L'Art et la Ville  :  BABEL

2026, Metropolis symbolise la mégalopole futuriste, organisée selon un système de castes. Les ouvriers travaillent dans la ville basse, manipulant des machines nuit et jour, dans le seul but d’assurer le bonheur des bourgeois de la ville haute. Un savant fou, l’hybride Rotwang (Rudolf Klein-Rogge), met au point un androïde à l’apparence féminine, qui exhortera les ouvriers à se rebeller contre le maître de la cité : Joh Fredersen (Alfred Abel). Lutte des classes et métaphysique rythment un film définitivement en avance sur son temps.

L'Art et la Ville  :  BABEL

hLes attentats du 11 septembre 2001 ont réactivé le mythe de la Tour de Babel. La destruction des Twin Towers par deux avions tombés du ciel, la vision des corps se jetant du haut des tours ne sont pas sans évoquer une punition divine face à l’arrogance de la suprématie occidentale. Pour autant la course à la hauteur n’a de cesse que de perdurer, défiant des hauteurs vertigineuses.

Quant à l’hégémonie économique, elle ne cesse de nous renvoyer à la vanité humaine. En période de crise, le présent devenant incompréhensible et anxiogène, les artistes soulignentici les errances d’une humanité individualiste, vénale et inconséquente

 11 septembre 2001 11 septembre 2001 11 septembre 2001

11 septembre 2001

Denis Bajram, UW1, Universal War One, tome 5, ex-libris, 2005.

Denis Bajram, UW1, Universal War One, tome 5, ex-libris, 2005.

Marco BRAMBILLA, Civilization, film 3D High définition, couleur, 3’04, collection particulière, Paris, Christopher Grimes, Santa Monica, Etats Unis Marco Brambilla, réalisateur et metteur en scène, est reconnu en 2010 pour avoir être le premier artiste à réaliser un film d’art contemporain en utilisant la technologie 3D. Civilization est une installation vidéo de l’artiste commandée pour les ascenseurs de l’Hôtel Standard à New York en 2008. Composée par plus de 400 clips, il faut être passager de l’ascenseur en montée pour voir le paradis et en descente pour voir l’enfer.

L'Art et la Ville  :  BABEL

Eric DE VILLE, Tour de Babel, Tirages photographiques, 140x140 cm

Chacune des compositions présentées est réalisée à partir de clichés pris par l’artiste lui-même. Ainsi une

oeuvre peut rassembler d’une dizaine à un millier de vues transformées et recomposées. Le travail d’Eric De

Ville ancré dans l’actualité médiatique ou la réalité quotidienne, délivre toujours un message humoristique

chargé de réflexions. Il a réalisé six compositions pour sa série La Tour de Babel.

L'Art et la Ville  :  BABEL
Florian JOYE, Dubaï Marina II, Bawady,

Dubaï rejoue le monde, dans ce qu'il peut comporter de plus universel en termes de savoir, de culture et de divertissement, il plonge et étourdit le visiteur dans le spectacle. Dubaï, comme Hollywood, Disneyland, Silicon Valley ou Las Vegas, est devenu un modèle d’habitation nouveau en créant un territoire artificiel sur mer, se moquant du désert.

L’artiste est fasciné par ce kaléidoscope entre utopie et démesure, orgueil et séduction, desseins du Cheik Maktoum. Ce dernier, ancien souverain de Dubaï, déclarait à son fils en 1990, peu avant sa mort :

« Monfils, il y aura une Arabie après les pétro-dollars, et c'est à toi de la construire ». L'invitation du père est si bien suivie que le fils conquiert du terrain sur la mer et repousse les déserts, afin de construire dans le petit Émirat des attractions qui doivent appâter.

L'Art et la Ville  :  BABEL
Yang YONGLIAND, Heavenly city, On the Quiet water2, On the Quiet water3, On the
Quiet water5, Phantom Landscape III, Viridescence 04

Yang Yongliand vit et travaille à Shangaï. L'étude de la calligraphie et de la peinture chinoise traditionnelle l'ont conduit à adopter la représentation ancestrale du Shanshui :

Poésie ou peinture de paysages naturels estampillés d'inscriptions calligraphiques. Ces paysages harmonieux sont souvent montagneux et aériens.

Sa transposition dans notre monde contemporain passe par un autre médium : La photographie, numérisée et montée. Composées en noir et blanc et marquées d'un sceau calligraphique, elles se renouvellent par leur contenu : Aux arbres centenaires et aux montagnes escarpées se substituent les buildings et autres architectures industrielles. Ces derniers s'élèvent dans un fourmillement de détails chaotiques qu'accentuent fumées et nuages qui les enveloppent. Le constat est apocalyptique, l'homme va à sa perdition dans un monde ultra urbanisé où non seulement la nature mais aussi les valeurs du passé s'effacent.

Heavenly City by Yang Yongliang Untitled 4

Yang YONGLIAND, Heavenly city, On the Quiet water2, On the Quiet water3, On the Quiet water5, Phantom Landscape III, Viridescence 04
Yang YONGLIAND, Heavenly city, On the Quiet water2, On the Quiet water3, On the Quiet water5, Phantom Landscape III, Viridescence 04
Yang YONGLIAND, Heavenly city, On the Quiet water2, On the Quiet water3, On the Quiet water5, Phantom Landscape III, Viridescence 04
Yang YONGLIAND, Heavenly city, On the Quiet water2, On the Quiet water3, On the Quiet water5, Phantom Landscape III, Viridescence 04
Yang YONGLIAND, Heavenly city, On the Quiet water2, On the Quiet water3, On the Quiet water5, Phantom Landscape III, Viridescence 04
Yang YONGLIAND, Heavenly city, On the Quiet water2, On the Quiet water3, On the Quiet water5, Phantom Landscape III, Viridescence 04

Yang YONGLIAND, Heavenly city, On the Quiet water2, On the Quiet water3, On the Quiet water5, Phantom Landscape III, Viridescence 04

L'Art et la Ville  :  BABEL

Paul Citroen est un artiste néerlandais né en Allemagne à la fin du XIXe siècle.

Son
photomontage Metropolis est une de ses oeuvres les plus connues. Ce projet est à
l’origine une affiche pour une exposition à l’école du Bauhaus, aventure à laquelle il
prend part en suivant les leçons de Paul Klee et de Vassily Kandinsky. L’artiste s’est
ainsi imaginé « architecte urbaniste » : les bâtiments empruntés à différentes villes (des
gratte-ciel, la tour Eiffel, le Capitole, des façades haussmanniennes) reconstituent une
ville imaginaire qui mêle passé, présent et avenir. Tout ici est référence à l’ère
industrielle : les nouveaux matériaux – la pierre, le béton, l’acier, le verre –, les
réseaux de transport en commun, les enseignes, témoins de la société de consommation
émergente. La ville, devenue métropole, a pu s’étendre en hauteur et en largeur, les
bruits, les mouvements, les lumières s’y mêlent à l’infini. Les personnages semblent
perdus dans des perspectives multiples.

Paul Citroen
Metropolis
1923
Photographie du collage
76,5 x 58,5 cm
Prentenkabinet der Rijksunversiteit, Leiden, the Netherlands
© ADAGP, Paris, 2011

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Pest control equipment 20/08/2014 14:11

Babel is not just biblical city that has no value in the contemporary times. It is a city that has combined art in its every aspect. Babel tower is considered to the biggest tower in the Bible that humans have managed to create. God’s wrath came upon the city and the tower and resulted in its destruction.

À propos

Blog Arts Plastiques du collège Françoise Dolto de Pont à Marcq