Art et guerre résistance et propagande
L’utilisation de l’arme de guerre dans l’art du XXe : comment les artistes mettent en scène, détournent, l’arme de guerre afin de dénoncer la barbarie ?
Kata Legrady appartient à cette longue et foisonnante lignée d'artistes pour qui l'objet tient lieu de détonateur de la pensée et de l'action artistique. Sa démarche s’inscrit dans le registre du télescopage, de la rencontre plastique et symbolique entre deux univers distincts : d'un côté des armes de guerre et de l'autre, des sucreries. Autrement dit, un court-circuit entre le létal et l'inoffensif ; une tension entre l'enfance et la destruction, entre l'insouciance et la souffrance.
Le choix des Smarties — des pastilles multicolores —, n'est pas sans évoquer les « dots colorés» de Roy Lichtenstein avec lesquelles celui-ci peignait ses cases de bande-dessinée agrandies et recadrées. À la différence toutefois que ces pastilles ne servent pas ici à créer des images mais à ornementer des armes en les recouvrant de manière systématique, sans pour autant les rendre méconnaissables ou inutilisables. Entre les mains de l'artiste, fusils-mitrailleurs, grenades, armes de poing deviennent étranges et chatoyantes, presque belles et attirantes.
L'objet obtenu peut être exposé tel quel. Il est alors présenté sous cloche ou sous verre comme une curiosa ou un puissant talisman, ou bien il peut être photographié. Dans ce cas, l'échelle peut être modifiée et l'objet démesurément agrandi. Celui-ci apparaît toujours de manière frontale, éclairé par une lumière étale, se détachant sur un fond blanc immaculé. Cette autre manière de mettre à distance ne fait que renforcer la présence muette et hypnotique de l'objet métamorphosé ; comme une hallucination exquise. Des images à la précision clinique et vibrante de couleur hantées, dixit l'artiste, par celles d'enfants-soldats ou d'autres indicibles abominations.
Il y aussi des bombes de différents formats dont la taille varie de quelques centimètres à plusieurs mètres. Cette fois-ci, il ne s'agit plus d'objets récupérés mais à proprement de sculptures aux formes épurées recouvertes de peinture industrielle métallisée. Ce sont des objets-écrans, des objets-miroirs où apparaissent tantôt des images fugaces projetées ou bien encore notre propre reflet évanescent.
Tchekov écrivait : "il ne faut pas montrer un fusil sur scène si personne n’a l’intention de s’en servir". Toutefois, nous ne sommes pas ici au théâtre ; mais plutôt confrontés à la surface des choses et des images. Et, s'il est d'usage d'opposer la surface à la profondeur et de considérer que se cantonner à elle confine à la superficialité ; dans ce cas précis, on voit bien que cela est inexact. Travailler la surface est un moyen de révéler la complexité intrinsèque et le potentiel symbolique ou esthétique des choses. C'est ce que fit, par exemple, Meret Oppenheim en recouvrant une tasse de fourrure ou Bertrand Lavier en recouvrant un miroir de peinture. C'est ce que fait Kata Legrady avec un Beretta (le pistolet le plus vendu au monde) en le recouvrant de Smarties ( une friandise dont à l’instar du Coca-Cola, la recette demeure un secret industriel bien gardé ).
Le geste pourra être taxé d’utopique ou de dérisoire ; ce dont l’artiste conviendra aisément. Il ne demeure pas moins artistiquement vrai qu'une rafale de bonbons peut suffire à métamorphoser un redoutable arsenal. Un enchantement réjouissant et convaincant !
François Robert, photographe né en Suisse et vivant actuellement aux Etats Unis expose ses clichés depuis plus de 30 ans maintenant. Alternant travail de publicité et créations artistiques, c'est quelqu'un qui a toujours eu une fascination pour les ossements.
En 2007, il se lança dans un nouveau projet "Stop the Violence", pour sensibiliser le public à la violence de la guerre....
Carl Fredrik Reuterswärd (né en 1934 à Stockholm) est un artiste suédois.
Il a étudié avec Fernand Léger à Paris en 1951. Il a tenu sa première exposition en 1952 à Paris1. Il a été professeur à l'académie des arts de Stockholm entre 1961 et 1969. En 1974 il est nommé professeur au Minneapolis College of Art and Design (en).
Le pistolet noué, exposé à Malmö en Suède
Il est l'auteur de la sculpture Non-violence - le pistolet noué, exposé sur le parvis de l'ONU à New York, ainsi que de nombreuses répliques à Malmö, Berlin, Stockholm, Borås et à Caen au mémorial pour la Paix.
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